Aller au menuAller au contenu

Fin de vie

En 10 ans, 100 000 canadiens sont morts par EUTHANASIE ou SUICIDE ASSISTE... déplorent les évêques du Canada dans une déclaration du 10 juin 2026.

Ci-dessous, déclaration du Comité permanent pour la famille et la vie

Une décennie s’est écoulée depuis que le projet de loi C-14 a reçu la sanction royale le 17 juin 2016, légalisant l’euthanasie et le suicide assisté dans tout le pays et permettant aux adultes admissibles, sous certaines conditions, d’accéder à ce que la loi appelle l’« aide médicale à mourir » (AMM). En ce triste anniversaire, le Comité permanent de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) pour la famille et la vie convie les fidèles catholiques et toutes les personnes de bonne volonté à exprimer une fois de plus leur inquiétude face à l’« AMM », à demeurer fermes dans leur opposition à l’euthanasie et au suicide assisté, à prier pour que les cœurs et les esprits se détournent de cette pratique, et à être présents auprès des personnes malades et vulnérables.

Le Canada dispose désormais du programme d’euthanasie le plus étendu et celui dont la croissance est la plus rapide au monde[1]. Le pourcentage de décès attribuables à l’« aide médicale à mourir » augmente chaque année et représente 5,1 % de l’ensemble des décès en 2024 (soit 16 499 Canadiens et Canadiennes)[2]. Depuis sa légalisation, on estime qu’environ 100 000 Canadiens et Canadiennes sont morts par euthanasie ou suicide assisté[3]. Il y a lieu de s’inquiéter sérieusement de l’élargissement continu des critères d’admissibilité à l’« aide médicale à mourir », ce qui expose un nombre croissant de personnes au Canada à des risques. En 2016, seules les personnes dont la mort était « raisonnablement prévisible » étaient admissibles à l’« AMM », avec la mise en place de soi-disant « mesures de protection ». Une loi adoptée par la suite en 2021 a toutefois considérablement élargi ces critères, ouvrant l’accès à l’« AMM » pour inclure les personnes dont la mort n’est pas raisonnablement prévisible, mais dont l’état de santé est « grave et irrémédiable ».[4]

À cette occasion, nous refusons de nous satisfaire du statu quo en matière d’euthanasie au Canada. Formés par l’Évangile, nous sommes appelés à nous rapprocher des personnes qui souffrent : non pas pour les ignorer, banaliser leur souffrance ou les abandonner à leur douleur ou à leur désespoir, mais pour les accompagner avec compassion, en leur apportant des soins concrets et en leur donnant des raisons d’espérer (cf. Lc 10,30-37). Nous recherchons activement des occasions de mettre en œuvre des stratégies efficaces et collaboratives pour offrir un soutien concret et compatissant aux personnes atteintes d’une maladie physique ou mentale grave, aux personnes ayant un handicap et à celles dont la vie touche à sa fin, ainsi qu’à leurs familles et à leurs aidants.

En tant que disciples du Christ, nous affirmons que toute vie humaine est un don, qu’elle revêt une dignité et une valeur profondes, et qu’elle fait partie intégrante de la communauté humaine (cf. Mt 25, 31-46). En revanche, l’euthanasie et le suicide assisté, quels qu’en soient les motifs ou les moyens, consistent à provoquer ou à hâter intentionnellement la mort d’une personne malade, souffrante, handicapée ou mourante dans le but d’éliminer la souffrance. De tels actes ne peuvent en aucun cas être moralement acceptables, car ils sont profondément contraires à la dignité de la personne humaine et au respect dû à Dieu, Créateur et Seigneur de la vie[5]. La véritable compassion ne répond pas à la souffrance en provoquant la mort, mais elle accompagne les personnes qui souffrent en leur apportant de l’espoir, une présence, des soins palliatifs et un soulagement de la douleur. En collaboration avec les professionnels de santé, les patients et leurs familles, notre foi nous enseigne que nous devons rechercher des options thérapeutiques proportionnées qui ne prolongent pas indûment la vie ni ne précipitent intentionnellement la mort, mais qui offrent au contraire des soins empreints de compassion qui réaffirment la valeur de la vie.

En ce 10e anniversaire, nous portons dans nos prières toutes les personnes qui ont perdu la vie à cause de l’« AMM ». Nous prions aussi pour leurs proches, dont beaucoup portent encore le poids du deuil, de la confusion, du regret ou de questions demeurées sans réponse. Nous pensons également à ceux et celles qui continuent de souffrir : les personnes gravement malades, celles en situation de handicap, les personnes âgées, celles qui vivent avec une maladie mentale, les personnes en fin de vie, ainsi que tous ceux et celles qui sont en proie à la solitude, à la peur ou au désespoir. Nous renouvelons notre appel « à rendre témoignage aux côtés des malades et à devenir des “communautés de guérison”, afin que le désir de Jésus que tous soient une seule chair, à commencer par les plus faibles et les plus vulnérables, se réalise concrètement[6] ». Même dans la souffrance, la maladie, la dépendance et la fragilité, la vie humaine conserve la dignité que Dieu lui a donnée ainsi que sa capacité d’aimer, de vivre la communion et de recevoir la grâce.

Nous exprimons notre gratitude aux nombreux diocèses, éparchies, paroisses, organisations, professionnels de la santé, familles et bénévoles qui, au cours des dix dernières années, ont témoigné de l’espérance chrétienne face à la maladie et à la mort, et qui ont résisté à l’« AMM » avec courage et compassion. Leur témoignage nous rappelle que la défense de la vie est non seulement un enseignement public, mais aussi l’œuvre quotidienne d’une présence concrète : rendre visite aux malades, soutenir les soignants et soignantes, accompagner les personnes en détresse, défendre les plus vulnérables et contribuer à bâtir des communautés où nul ne se sent seul face à la souffrance.

En ce moment de recueillement, de prière et de responsabilité renouvelée, nous invitons les fidèles catholiques à prier : pour les personnes malades, celles qui souffrent, celles qui sont isolées ou qui arrivent au terme de leur vie; pour leurs familles, leurs aidants et les professionnels de la santé; et pour la conversion des cœurs et des esprits vers une culture qui accueille chaque vie comme un don et n’abandonne jamais ceux et celles qui sont dans le plus grand besoin. Les ressources ci-dessous reflètent l’engagement continu de l’Église au Canada à bâtir des communautés compatissantes, à promouvoir des soins palliatifs authentiques et à offrir un soutien concret à toutes les personnes qui souffrent[7]. Que l’Église au Canada demeure un lieu où chacun et chacune —en particulier les personnes malades, âgées, handicapées, souffrantes ou en fin de vie— est accueilli avec amour, accompagné avec compassion et rappelé que sa vie demeure précieuse aux yeux de Dieu.

Publié avec l’accord du Conseil permanent, le 10 juin 2026

Source : Conférence des évêques catholiques du Canada